Fondation Maréchal LECLERC de HAUTECLOCQUE

L’Épopée africaine

AfriqueL’Épopée africaine
De la colonne Leclerc à la 2e DB

 

 

 

Après avoir rejoint l’Afrique pour continuer la lutte contre l’ennemi, le capitaine de cavalerie Philippe de Hauteclocque, ayant pris le nom de Leclerc, rallie une partie de l’Afrique équatoriale française à sa cause.
Le 27 août 1940, il est nommé gouverneur du Cameroun.

Puis, avec seulement 99 véhicules anciens et inadaptés et les 350 hommes du régiment des tirailleurs sénégalais du Tchad,
Leclerc lance une offensive sur la forteresse de Koufra en Libye.

Le 1″ mars 1941, malgré sa supériorité en nombre et en armes, la garnison italienne capitule devant Leclerc et ses hommes.

Ceux-ci prêtent alors le serment de Koufra qui les unira tout au long de leur épopée :
« Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront à nouveau sur la cathédrale de Strasbourg. »

La colonne Leclerc lance alors de nombreuses offensives sur le Fezzan.
Elle rejoint ensuite les forces britanniques du maréchal Montgomery combattant l’Afrika-korps, puis participe aux opérations contre Rommel en Libye et en Tunisie.

L’ennemi définitivement chassé de ce front, il reste à préparer ces Français libres pour le grand jour.

 

 

DOSSIERS

DOCUMENTS

AFRICAIN et CAVALIER

Le Cavalier et l’Africain

par le Général INGOLD,
Ancien Commandant du Régiment
de Tirailleurs sénégalais du Tchad

 

CAVALIER d’origine, Leclerc restera toujours « d’esprit cavalier ». Toutes les cavaleries du monde sont sœurs en cet esprit d’audace. Jeune lieutenant, le Maroc l’appelle. A la tête de partisans, il décide, -ne manœuvre hardie, du succès de la colonne, années passent. Vers l’Anti-Atlas, la première le opération motorisée des temps modernes ‘organise. Il en sera, de nouveau se distingue et déjà pressent le règne prochain du moteur dans la -e. Son « esprit cavalier », ainsi heureusement éprouvé dans les premiers combats, va prendre, pour les grandes actions de demain, sûreté, puissance et juste mesure. Aucun homme de guerre de notre temps n’a donné un resplendissement semblable à l’esprit cavalier », et l’histoire, avec son recul, s’étonnera peut-être des extraordinaires occasions qui lui furent données, sûrement de sa décision à les saisir.

L’esprit cavalier » était né de la rapidité, de la surprise et de la puissance du choc que le cheval dompté avait donné à l’homme. Et voici que, prodige du cerveau humain, le moteur donne au centuple rapidité, surprise, puissance de choc, enchainement fatal, le vieil héritage des anciens se rompt… chair et métal. Alors, la chair chevauche d’abandons en abandons ; heaumes, cuirasses, lances s’échelonnent dans l’oubli ; en apothéose elle meurt à Reichshoffen.

Cependant, le métal souverain, lui, de bataille en bataille gagne vitesse, surprise, puissance de choc. Mais il reste à la chair tout le domaine de l’âme… piaffements du cheval, chaleur soyeuse d’une caresse, émotion commune de l’homme et de la bête unies dans le galop.

Leclerc, chef motorisé du Tchad, garde l’âme du cavalier dans ses randonnées à cheval… inspections des manœuvres matinales sur les bords du Chari ou vers le « village des pèlerins », visite aux chantiers de construction, étude de la défense ; mais il vit aussi intensément l’émotion du métal quand à l’annexe d’artillerie de Fort-Lamy, sa plus belle réalisation de bâtisseur colonial, il précise la transformation d’un véhicule, le dispositif de placement d’un canon ou de mitrailleuses lourdes prises à l’ennemi. Pour lui l’héritage n’a pas été rompu. Le destin l’a fait cavalier pur sang, idole de Saumur, de l’escadron de Saint-Cyr, de ses goums marocains. Il le fait aussi chef motorisé incomparable des campagnes d’Afrique, de France et d’Allemagne. A un siècle de distance le sort de Murât aurait-il été différent ?

L’Afrique du Nord avait donné à Leclerc tout ce que pouvait espérer, en ce temps, un officier de son grade, de son enthousiasme et de son talent…