Fondation Maréchal LECLERC de HAUTECLOCQUE

ALSACE

 

 L’ALSACE

De la prise de Strasbourg, le 23 novembre 1944, à la capitulation allemande, le 8 mai 1945, se déroulent de durs combats, les allemands luttant jusqu’au bout.
Cette période sera très meurtrière.

L’ennemi envoie des renforts et organise sa défense dans la poche de Colmar.
L’hiver 44-45 est dur pour les hommes : c’est la neige et le feu.
A cause de la contre-offensive allemande dans les Ardennes, la 2e DB est envoyée au nord des Vosges et Strasbourg est menacé.

Fin janvier 1945, la 2e DB revient en plaine et sous le commandement de la 1ère armée du Général de Lattre de Tassigny, livre de durs combats dans des conditions climatiques extrêmes, dont ceux pour le village de Grussenheim, le 28 janvier 1945  sont le point d’orgue.

 

 

ALSACE
( Extrait de « LA 2E DB – Général Leclerc – EN FRANCE – combats et combattants » – ©1945)

 

 

DERNIERS COMBATS

 

La Division est restée cinq jours autour de Strasbourg, puis elle est ressortie vers le sud.
Elle marchait à la rencontre de la 1ère Armée française, qui avait forcé la trouée de Belfort, conquis Mulhouse et qui poursuivait son effort vers le nord. La 19e Armée allemande avait perdu sur ses deux flancs des positions d’une importance considérable. Elle était maintenant isolée par la percée centrale qui avait coupé l’Alsace en deux et acculée au Rhin. Je crois que chez les Alliés et à tous les échelons nous avons considéré alors son sort comme réglé.

Sa liquidation semblait n’être plus qu’une question de temps. Importante, certes, car en la brusquant on pouvait accroître le butin et surtout achever de déchirer d’un seul coup le voile jeté depuis quatre ans sur l’Alsace. Mais devenue secondaire pour la poursuite générale de la guerre.
Tout en brisant la vigoureuse contre-attaque allemande partie du nord de Sarrebourg qui visait à couper à sa racine la voie d’eau subitement ouverte à Saverne et qui arrivera assez près de la ville pour que secrétaires et officiers des bureaux y aient d’instinct vérifié à portée de leur main le fonctionnement de leurs revolvers, notre XVe Corps avait poussé sur nos talons presque toute son infanterie : une partie de la 44e Division d’infanterie américaine n’était-elle pas passée dès le 23 par la route de Dabo, alors que celle de Saverne n’était pas encore ouverte ! Il avait élargi et consolidé sur-le-champ, vers Brumath et vers Haguenau, le couloir ouvert de Saverne au Rhin. Suivi par une importante partie des troupes du VIe Corps qui débouchaient à leur tour du Donon et de Saales, il glissait alors vers le nord, vers Sarrebruck, Wissembourg et l’Allemagne.
Le champ clos de la Haute-Alsace ne conserve plus dans notre camp, outre la ire Armée française et nous-mêmes, qu’un lutteur : le général Denquist et sa 36e Division d’infanterie américaine, qui ont franchi le col de Sainte-Marie-aux-Mines et qui marchent sur Sélestat et Ribeauvillé.

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Dès le 24 cependant, nous avons vu les Allemands essayer de se reconstituer au sud de Strasbourg un flanc solide traversant la plaine. Des détachements ennemis essaient de revenir jusqu’aux lisières de la ville, vers Grafenstaden, pour y faire sauter les ponts. Le capitaine Da, qu’on a vu dès cette date patrouiller jusqu’à Erstein et Benfeld, s’y fera attaquer à son tour.
La coupure importante de Kraft sert de déversoir à l’Ill, qui draine toute la crue en amont. L’ennemi y espérait un peu de répit : notre génie arrive à la rétablir dans la nuit et, au petit jour, le 29, Quiliquini enlève encore deux villages. En même temps, Didelot s’était emparé d’Erstein et des villages environnants, avait bordé la rivière; Rémy, qui manœuvre en prenant son large depuis Obernai, va rejoindre son cours en amont de Benfeld, entraînant la chute de ce point fort et de Sand : à Sand, enfin, le groupement Guillebon va passer sur la rive droite.
Nous avons épuisé nos dernières possibilités de manœuvre : nous voilà maintenant canalisés dans deux Landes étroites, l’une entre le Rhin et le canal de la Marne au Rhin, l’autre entre ce canal et l’Ill. Tous leurs ponts, ainsi que ceux des innombrables ruisseaux de cette plaine, sont sautés. Le pays est inondé ou détrempé : dans chaque bande émerge une route, complétée de quelques chemins, seuls liens entre les îlots des villages.
Alors, de village en village, on fait en miniature une guerre du Pacifique : avec cette différence qu’il n’y a pas de bateaux et que sous notre brouillard opaque on ne voit pas davantage d’avions. Il n’y a que la chaussée, minée et obstruée d’abatis.
Sous le feu, pendant que l’artillerie assomme les lisières, le génie rétablit un pont après l’autre, démine patiemment. Tout droit, sans manœuvre possible, les chars et l’infanterie chargent les villages. Jeu dur s’il en fut. Le char de tête est presque sûrement sacrifié. Mais, dans les pelotons, aucun chef de char ne veut céder son tour : il faut toute l’autorité des anciens pour écarter un camarade par trop novice, car au moins faut-il conserver contre le canon antichar le mince avantage du flair et du réflexe acquis à la longueur de l’expérience. On voit à Gerstheim le char de Desforges, déchenillé par le coup, rouler sur ses galets dans un virage qui l’arrête, brusquement et involontairement, face à face avec le canon qui l’a ajusté; il faut encore qu’on le lui signale de l’extérieur, et dans ces fractions de seconde il agit si vite et si calmement qu’il a ramené sa tourelle et descendu l’autre avant qu’il ait eu le temps de doubler. Galley, devant Herbsheim, avait scruté le terrain avec son flair de paysan doublé d’un bledard; il avait repéré la zone où l’autre devait l’attendre, mais il ne connaîtrait sa position exacte que lorsqu’il aurait tiré. Il allait donc lui laisser cette initiative, confiant dans sa première maladresse; après quoi lui ne le ratera pas. Il débouche du dernier couvert : captant son interphone, ses camarades des chars qui suivent l’entendent donner à son mécanicien ses instructions : « Là, petit… maintenant doucement… et du calme ! »

Ayant ainsi poussé jusqu’à Rhinau, Friesenheim, Rossfeld, nous avions été stoppés pour une nouvelle coordination des efforts. Le 12 décembre, sous les ordres du général de Montsabert, qui commande le IIe Corps français, et avec l’appoint des bataillons parachutistes du commandant Faure, nous prenons notre part d’un nouvel effort fait par l’ensemble des Ier et IIe Corps. L’attaque principale du IIe Corps doit se dérouler sur notre droite, vers les Trois-Epis et Colmar.
Les parachutistes, qui prolongent notre manœuvre blindée toujours rivée aux routes par l’inondation, traversent des blancs d’eau glacée, progressent dans la boue des forêts. On prend encore deux villages et une ferme.

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L’ennemi se défendait pied à pied. Ses garnisons se battaient de mieux en mieux. A Herbsheim, Buis avait dû abattre un par un les hommes dans leurs trous qui s’y renfonçaient sous les rafales, mais qui se relevaient aussitôt pour riposter.
Cet acharnement restait le même sur tout le front des Ier et IIe Corps ; les prisonniers l’expliquaient par les interventions et les visites de Himmler, qui avait fait de la Forêt-Noire et de l’Alsace sa propre affaire. L’ex-Gauleiter Wagner s’était joint au général Wiese (qui, commandant la 19e Armée, avait quelques échecs à faire oublier et peut-être une place à conserver) pour raidir la défense de Colmar. Loin d’évacuer la poche, ils y recevaient renforts et matériel.
Le coup de tonnerre du 16 décembre dans les Ardennes donnait un sens à ces renforts. Parlant à ses généraux, comme Frédéric II avant Leuthen, Hitler les galvanisait de son ultime espoir de mettre hors du jeu pour plusieurs mois tout le front de l’Ouest, de retourner ensuite les derniers sursauts de sa vigueur contre les Russes.
Le front d’Alsace avait son rôle à jouer dans ce plan : si la vedette allait pour l’instant à Hitler et à ses généraux des Ardennes, on peut même penser qu’une deuxième manche, redonnant à la « sentimentale » Allemagne cette Alsace que les nazis s’étaient donné tant de mal à lui faire croire sienne, n’aurait point déplu à la publicité de Himmler.

 

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En appelant sur lui les réserves alliées, le saillant des Ardennes diluait tout le reste du front et le vouait automatiquement à la stabili-sation. Notre Division blindée, dont les parachutistes sont repartis et qui n’a plus comme infanterie supplémentaire qu’un bataillon de la brigade Alsace-Lorraine, va paradoxalement s’installer en position défensive, en attendant d’être relevée pour fournir la réserve stratégique destinée à parer à un élargissement de l’offensive ennemie.
Pour cette relève, nous aurons la joie de voir arriver nos camarades de la Ire D.F.L. Voici, autour du général Garbet, à partir du 28 décembre, ses officiers, précurseurs au terme d’un va-et-vient qui les a menés de la bataille des Vosges à l’Alsace en faisant le détour par Cognac. Les batailles d’Italie et de France ont creusé des vides dans leurs rangs ; nous ne retrouverons plus ni le général Brosset, ni Amyot-Dainville, ni Laurent-Champrosay, ni d’autres vétérans dont nous nous faisons dire les derniers faits d’armes. Mais voici le regard du colonel Delange, qui commande maintenant la Légion. Le B.I.M.P. et les bataillons de marche sont groupés sous les colonels Raynal et Gardet. Leurs marins restent dans la ligne qui les a mis à la tête de tant d’équipées désinvoltes, scabreuses et déjà légendaires.

 

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Le 31 décembre, un tiers de la Division (le groupement Langlade) repassait les Vosges et gagnait ses nouveaux emplacements. Le reste suivait le 1er janvier.
Le 31 décembre, à minuit, la nouvelle contre-offensive allemande démarrait, à peu près là où elle était attendue : moins ambitieuse que celle des Ardennes, elle pouvait encore obtenir des résultats importants en menaçant du nord au sud, sur le versant lorrain des Vosges, Sarrebourg et la porte de Saverne.
La Division était alertée en cours de route pour barrer les zones possibles de pénétration, vers Puttelange et Sarre-Union. Elle se tenait prête à contre-attaquer là où le dispositif allié serait compromis.
Le 3 janvier, elle reprenait ainsi Achen et Gros-Rederching, les deux ou trois cents boches qui s’y étaient infiltrés, la compagnie de chars lance-flammes destinés aux blockhaus de la ligne Maginot. Au milieu de la nuit, arrivés par l’itinéraire prévu pour la relève alliée, des Sherman débouchent aux cris de : « Americans. » A bout portant ils ouvrent le feu, aveuglent de fusées les tireurs à leurs postes dans les tourelles. Le capitaine Langlois réussit non sans pertes à rompre le combat, à se reformer aux lisières qui dominent le village et d’où ce dernier sera reconquis au petit jour. Lui-même redescend dans les maisons s’enquérir de quelques manquants : il n’en reviendra pas…
Bientôt cependant l’ennemi doit avouer son insuccès. Il prolonge encore quelques jours son effort, mais Sarrebourg est hors de danger. Quant à l’affaire des Ardennes, elle tourne pour lui en une immense faillite.
A tout prix il se raccroche à l’initiative : son effort glisse maintenant vers l’Alsace, où des résultats limités peuvent avoir dans le domaine moral d’immenses répercussions. Nous suivons anxieusement, les 11, 12 et 13 janvier, la ruée de ses blindés et de son infanterie sur la 1ère D.F.L.; la défense héroïque de villages que nous connaissons bien : Friesenheim, Obenheim, Herbsheim; l’arrêt qui lui est imposé par le général Garbet sur la ligne de l’Ill.
Puis voici les signes précurseurs d’un nouveau changement d’équilibre. Libérée de son rude combat de Bastogne la 101e Division parachutiste américaine vient nous relever en Lorraine. Nous rentrons en Alsace participer avec la 1ère Armée française à la liquidation de la poche de Colmar.

 

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La Division n’a pris à ces combats qui vont durer du 23 janvier au 10 février qu’une part fragmentaire en engageant successivement ses groupements pour épauler l’infanterie qui menait l’attaque.
Paradoxalement, cette offensive commence pour nous par une parade défensive. La dernière phase de l’effort allemand vers Strasbourg, parti du nord cette fois et qui s’est étoffé de deux divisions blindées retirées des Ardennes, se développe et fait tache depuis une semaine. Le 22, au moment où les villages se rassurent du retour de nos gars, l’ennemi, qui s’est infiltré avec patience et ténacité à travers, puis le long du Rhin, arrive à Kilstett : à 8 kilomètres de Strasbourg. Le sous-grou-pement Gribius vient à la rescousse, prend, vers le nord cette fois, la route de Schiltigheim, reprend Kilstett à l’ennemi, où il laisse trois cents pri-sonniers et neuf chars.
Le lendemain, l’attaque de la 1re Armée démarre à son tour. Le groupement Guillebon accompagne en soutien la 1re D.F.L. Il pousse ses chars dans l’épais manteau de neige qui transforme les terrains maré-cageux, coupés de bois aux lisières indécises où l’ennemi s’est enterré, en un champ de bataille difficile. Le 26, débordant par un itinéraire exposé, inaccessible à l’infanterie et où il chasse en passant le «Rhinocéros », Sarrazac s’établit au solitaire carrefour 177, y passe une nuit glaciale. Il aide le lendemain la Légion à le rejoindre. Le 28, pendant que les Légion-naires l’attaquent de l’ouest, Putz fait un autre long détour pour attaquer par le sud le village de Grussenhein. Ce combat pour nous sera cher : chars et infanterie doivent payer le prix de leur résolution. Avec le commandant Puig, chef d’Etat-Major du groupement, Putz lui-même y tombera. La figure émaciée de ce grand baroudeur, de l’engagé volon-taire de 1916, puis de l’Espagne, puis du Corps Franc s’empourprera dans la grande blancheur de cette après-midi. La nouvelle y fera courir un frisson de défi.
Puis brusquement, le 1er février, ce fut le dégel. Au sens propre il transformait l’épais manteau en une débâcle où nous nous muions en amphibies. Dégel aussi de la résistance ennemie, qui subitement s’effondrait. Avec les marins de la 1re D.F.L. Buis s’engouffre à Marckolsheim, descend sur Andolsheim, d’où les lourds blindés s’enfuient quand il rentre : un de ses hommes y poursuit à pied un Rhinocéros, effraie l’équipage qui l’abandonne.
Maintenant le groupement Langlade va entrer en lice à son tour : pas de répit à l’ennemi tant qu’il restera en Alsace. Appuyant le XXIe Corps américain, qui est passé hardiment entre Neuf-Brisach et le Rhin, il descend sur Logelheim. A Obersaasheim, le 6 février, Bohr livre le dernier dur engagement de la campagne. Les restes de la 2e Division de montagne occupent l’ouvrage Maginot qui commande tout le secteur : face au béton, que l’artillerie neutralise sans l’entamer, ses chars se déploient dans le lourd terrain du dégel, entraînent l’infanterie à l’assaut. L’ouvrage et le village avoisinant livreront encore quatre cents prisonniers. Quatre chars lourds et trois canons automoteurs resteront dans les champs en face des nôtres. Le groupement, toujours en combattant, descend à Balgau, à Fessenheim, à Blodelsheim. Il y rencontre la ire Division blindée venue de Mulhouse. La poche de Colmar est liquidée.

Lorsque le dernier Allemand eut repassé le Rhin, la Division s’est regroupée autour d’Obernai et de Molsheim. Un temps de printemps enveloppe les coteaux et la plaine. La paix revient sur les routes où les charrettes des réfugiés prennent le chemin du retour, sur les villages que nous avions découvert trois mois plus tôt, qui ont partagé depuis notre vie quotidienne, les hasards de nos allées et venues — dont quelques-uns ont vécu avec nous le vif du combat et souffert en gardant haute leur fidélité aux fluctuations de la bataille. Dans ces villages plus que partout ailleurs en France nous sommes alors vraiment chez nous.
Colmar et Strasbourg reçoivent le général de Gaulle, des prises d’armes rehaussent l’éclat de leurs fêtes.
Chez nous, les villages fêtent aussi l’évanouissement de l’odieuse menace. Ils mettent toute leur vitalité à l’unisson de leurs hôtes, qui sont nos régiments. Ceux-ci se comptent, se reforment, ponctuent par leurs propres prises d’armes le terme d’un cycle d’efforts. Prolongeant leurs rangs, les enfants, les grands nœuds des jeunes filles, les rares garçons témoins d’une génération qui est presque toute en Allemagne, les. solides parents participent au cérémonial militaire, défilent avec notre musique, s’engouffrent avec nous dans la familière église dont les cloches sonnent à toute volée.
Terme d’un cycle d’efforts, donc germe d’efforts à venir. Comme ce cycle qui avait commencé en Normandie et qui s’achève en Alsace était lui-même issu d’autres efforts antérieurs. Un capitaine présente ceux de ses hommes qui ont rejoint le régiment pendant la campagne de France au Drapeau :
« … Ce Drapeau, qu’avec vos Anciens vous avez conduit de Normandie en Alsace par les étapes prestigieuses de Paris et de Strasbourg.
» Si vous êtes justement fiers de cette jeune gloire, vous ne devez non plus jamais oublier que ce Drapeau porte dans sa soie le témoignage d’heures cruciales et de combats livrés en des terres lointaines. C’est dire qu’il est le symbole concret du redressement de nos armes dans un moment où le monde presque en son entier croyait la France définitivement terrassée.
» C’est dire aussi que nombre de vos Anciens ont donné leur vie et reposent dans le sable d’Asie comme dans le sable d’Afrique pour que ces trois couleurs n’aient jamais cessé de flotter sur les champs de bataille de cette guerre. Sur le sort de ces beaux Anciens nous ne pleurerons pas. Nous savons qu’ils ont eu la plus belle part, pour avoir jusqu’à rigueur voulu et su réaliser l’accord de leurs actes avec les commandes de leur cœur.
» Aussi aurons-nous la certitude d’être fidèles à leur esprit comme à celui de nos camarades tombés dans cette campagne et d’avoir recueilli leur message en bannissant toute tristesse et en ne considérant dans ces trois couleurs que le symbole d’une éternelle jeunesse et d’une éternelle force.
» Et nous continuerons de suivre le chemin que notre Drapeau – inclinant de son poids sa hampe — nous montre : le chemin de l’avant… »
Le Général avait ajouté deux phrases :
« La campagne de France est terminée.
» La campagne d’Allemagne va commencer. »